Plusieurs médias et profils de réseaux sociaux ont annoncé l'entrée sur le sol congolais des troupes kenyanes

Non, les troupes kenyanes ne sont pas entrées en RDC via Bunagana

Plusieurs médias et profils de réseaux sociaux ont annoncé l’entrée sur le sol congolais des troupes kenyanes, qui prendront part à la force régionale de stabilisation de la RDC. Ces publications mentionnent que les militaires kenyans sont passés par la cité frontalière de Bunagana, occupée depuis plus de 100 jours par les rebelles du M23. Congo Check, qui a vérifié ces déclarations attestent qu’elles sont fausses et ne sont pas basées sur des bases factuelles. Les troupes et les matériels de la force régionale de la communauté des États de l’Afrique de l’Est sont entrés en RDC via l’agglomération d’Ishasha, un autre point d’entrée en territoire de Rutshuru depuis l’Ouganda, qui reste encore sous contrôle de l’armée loyaliste.

“Annoncé par Kinshasa depuis plus d’un mois, la force spéciale de défense régionale a finalement fait son entrée sur le sol congolais depuis vendredi 24 septembre, apprend POLITICO.CD des sources kenyanes. Même si l’administration Tshisekedi et l’armée ne se sont pas encore officiellement prononcés sur la question, plusieurs sources confirment que c’est par la cité de Bunagana – frontalière avec l’ouganda et actuellement occupée par les terroristes du M23 depuis plus de 100 jours – que le contingent a fait son entrée en RDC” écrit par exemple POLITICO.CD, l’un de pionniers du journalisme en ligne au Congo-Kinshasa.

Entrées par Ishasha et non Bunagana

Congo Check s’est entretenu avec plusieurs sources en vue de vérifier cette information, distillée sur la toile congolaise à partir d’un tweet du journaliste Kenyan Mwangi Maina, qui ne donne aucun indice sur sa source.

Dans un entretien avec Congo Check, l’état-major des Forces Armées de la République Démocratique du Congo a précisé que cette entrée s’est faite par l’agglomération d’Ishasha, située en territoire de Rutshuru. Cette localité congolaise n’est pas occupée par le mouvement rebelle du M23 comme Bunagana. Les images des convois transportant la logistique de cette force partagée sur la toile montrent des véhicules traversant la frontière par le poste d’Ishasha.

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Le M23 parle d’une illusion réalisable

Dans sa démarche de vérification, Congo Check s’est entretenu avec le major Willy Ngoma, porte-parole militaire du Mouvement du 23 Mars. Cet officier du groupe rebelle qui occupe la cité frontalière de Bunagana depuis plus de 100 jours qualifie ces informations d’illusion. “C’est impossible, du rêve ou tout simplement de l’illusion” répond-t-il à la question de savoir si les troupes kenyanes sont passées par Bunagana pour entrer en République Démocratique du Congo.

Il est important de remettre dans leur contexte original les informations sur une crise sécuritaire car les conséquences de la désinformation sont plus accrues en pareille circonstance. Dans le cas d’espèce, les populations ayant fui les hostilités dans la cité de Bunagana peuvent penser à une libération de l’entité par les forces alliées à la RDC et engager un processus de retour au pays au risque de leurs vies. À l’approche des échéances électorales, les partisans du président Félix Tshisekedi peuvent également surfer sur ce genre d’informations erronées dans l’objectif de maquiller le bilan de leur mandature. Dans une récente interview avec les médias du groupe France Médias Monde (Radio France Internationale et France 24), le chef de l’État Congolais a déclaré que les troupes kenyanes de la force de l’East African Community entreront en RDC via la frontière de Bunagana.

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K. MAHAMBA WA BIONDI, connu sous le nom de plume "Fiston Mahamba Larousse" est diplômé en sciences de l'environnement et développement durable à l'Institut Supérieur de Développement Rural à Beni (RDC). Journaliste basé dans la partie Orientale de la République démocratique du Congo depuis 2012, il s'est forgé dans l'exercice de ce métier après plusieurs formations de journalisme à la Deutsche Welle Akademie, le centre de développement médias de la radiodiffusion publique Allemande. En 2018, il s'inscrit à l'École Supérieure de Journalisme de Lille pour parfaire une licence en journalisme multimédia. Ancien officier de communication au sein des Nations Unies, il a un Master2 en Techniques des Métiers de l'Information à l'Université Nazi Boni (Burkina Faso) en coopération avec l’Université Lumière Lyon2 (France). Il a suivi un cursus de Diplôme Universitaire en Journalisme Web Multimédia à l’Ecole Publique de Journalisme de l’Université de Tours en France avant de poursuivre sa formation en recherche à la Haute Ecole des Sciences de l’Information et de la Communication (CELSA) de la Sorbonne Université à Paris. Son livre "RDC-Ebola: Fixers, ces boucliers non immunisés" est en cours
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